[…]

je m’invente une langue pour parler aux oiseaux
qui n’est ni la leur ni la mienne

une langue pour dire
le futur revenu
l’avenir recommencé

je m’invente un cœur tout puissant
qui n’a jamais appris
ce que doit faire un cœur
alors il fait comme les oiseaux

il regarde
il répète

et il apprend des ailes
le mouvement le plus juste
pour battre correctement

j’invente ce que je peux
quand bien même je sais
qu’on ne pourra pas tout inventer

on n’inventera pas de machine à refaire le monde
ni même à remonter le temps

on ne pourra pas tout inventer
mais on peut déjà faire mieux avec tout ce qui est là

le présent
le futur

on peut réparer quelque chose
comme un miroir brisé
se refaire un reflet
pour nos métamorphoses

on peut réparer une partie des choses
porter le jour
soigner la nuit
et croire très fort au reste

chercher le geste le plus juste
pour ce qui vient ensuite

le futur a des ailes
dont il doit tout apprendre

Andrea Thominot, Depuis quand les oiseaux, Cheyne 
Partage de Dominique A., heureux facteur poétique.

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