Si tu envies leur erre, suis-les Jusqu’au bout. Suivre leur vol, suivre Leur nage, jusqu’à devenir Rien. Rien que le bleu d’où un jour A surgi l’ardente métamorphose,
Le Désir même de nage, de vol.
François Cheng, Quand les âmes se font chant, Cantos toscans, Éditions Unes Partage quotidien de Dominique A, heureux facteur poétique.
Ici, tu vois, tout est tranquille Ici, ça va, ça vole, ça coule Et s’il n’y a pas les lumières de la ville La lune, c’est pas mal comme ampoule
C’est pas mal, les étoiles, à l’aise C’est pas rien, la terre le matin Voir le soleil qui s’ couche au creux d’une falaise Et se lève là-bas sur un bouquet de thym
Et puis, puis surtout, bien souvent, très souvent Y a des coups, des beaux coups, beaucoup d’vent Dorénavant, toi qui vends, soi-disant, vends du vent Tu feras moins le malin, l’important Devant autant de vent
Ici, tu vois tout est sauvage Ici, la garrigue, le rocher Avec la vigne pour faire bon ménage La vigne a l’esprit de clocher
Les clochers, ils ont la dégaine De clochers d’églises mexicaines Imperturbablement laissant tomber leurs plombes De bronze sur les saisons et sur les tombes Et puis, puis surtout, bien souvent, très souvent Y a des coups, des beaux coups, beaucoup d’ vent Tour à tour vent émouvant, enivrant, déchirant Allégresse et détresse qui s’ mélangent Vent de diable et vent d’ange
Et puis tout redeviens paisible Tu peux sortir ton cerf-volant Et si ton chant passe à coté d’ la cible Autant, autant en emporte le vent
Demandez votre exemplaire :-))) Accompagné d’une rencontre avec les co-autrices c’est idéal. Événements autour de la transmission, la recherche et les arts, bienvenus.
de tous les possibles Quand tout affleure croise circule Ce temps où l’on sait que l’on ne peut rien et où pourtant tout se peut Comment écrire ce moment où les choses s’enclenchent où s’ébauche l’accord où la phrase s’amorce dans la feuillée informe des mots Que se passe-t-il dans l’amont de la prise des corps Comment désigner cette entaille légère dans le paysage où l’on n’est rien rien d’autre qu’attention étonnée à ce qui est en train de percer
et à quoi il est si doux simplement
de s’abandonner
Isabelle Alentour, Je t’écris fenêtres ouvertes, Éditions la Boucherie littéraire Partage de Dominique A., heureux facteur poétique
En garçon, sur la frontière, tu l’as placée comme une piastre sous les roues d’un train et une fille que tu aimais l’a portée en collier dans les champs.
Des trafiquants t’ont enseigné à doucement la marteler dans la nuit avec les maillets des voleurs et cacher aux autres les empreintes de tes doigts.
Tu l’as effilée par le silence et par les longues marches jusqu’à ce qu’elle soit transparente et dure comme un ongle coupé disparu dans le tapis du temps.
Et quand tu l’as retrouvée elle était devenue lune affamée par l’amour. Au ciel de ton âme tu la suspendis et veillas la nuit en solitaire attendant l’appel pour le jour de fête.
Golan Haji, Lyrikline.org, traduction Jean-René Lassalle Partage de Dominique A., heureux facteur poétique