Comme une fleur

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Même « séchée », une fleur est toute beauté.
Parce que son cœur est « pur », sans arrière pensée, pleine à son rôle de fleur, partout à sa place, même si déplacée.
Entière à ses qualités de fleur – parfumée, colorée, verticalité, symbole, nourrissante – elle a poussé, s’est épanouie, dans (malgré) la terre et la situation qui lui étaient donnés, à côté d’autres fleurs, parmi les insectes avec lesquels elle a composé, avec les éléments, les obstacles, les compliments et les amants.
Elle a suivi son chemin de fleur, toujours attirée vers les sommets. Sans se retourner, sans question, sans peur, elle a veillée, là, simple, détachée et engagée, racinée. Lorsque alertée, elle a transmis la donnée, elle a lutté, résisté, confiante, nue, forte de sa sève, sans haine ni pitié, sans regret.
Parfois elle a pleuré, de joie, car la rosée la chatouillait, car le lever et le coucher du soleil, car la douceur de l’air, car la terre mouillée l’enchantait, les étoiles l’accompagnaient, la lune la rythmait, elle dansait inspirée par le souffle du vent.
Car la vie la traversait…L.C.

 

 

Vous qui construisez des jardins

ne faites pas de parcs, des espaces verts : faites des marges.
Ne faites pas des terrains de loisirs et de jeux : faîtes des lieux de jouissance, faites des clôtures qui soient des commencements. ne faîtes pas des objets imaginaires ; faites des fictions. Ne faîtes pas des représentations ; faites des vides, des écarts ; faites du neutre…
Louis Marin, extrait, Les Carnets du Paysage n°31, « Sacré »

http://www.louismarin.fr/