All
Loup
Toutes les choses de la terre
Il faudrait les aimer passagères
Et les porter au bout des doigts
Et le chanter à basse voix
Les garder les offrir
Tour à tour n’y tenir
Davantage qu’un jour les prendre
Tout à l’heure les rendre
Comme son billet de voyage
Et consentir à perdre leur visage
Anne Perrier, Œuvres poétiques, Éditions L’Escampette
partage de Dominique A, heureux facteur poétique
Laisser venir le jour
A pas tranquilles
Ne rien détourner
De l’instant qui passe
S’étonner
D’une herbe de la vitre du soir
Devenir
L’herbe le toit la pente
La pluie ou peut-être
Le sang à fleur de peau
Deviner le pourquoi
Sans jamais vouloir prendre
Être à l’écoute
Comme sur une plage
Que vient doucement battre
Le mouvement tenace de la vie.
Hélène Cadou, En ce visage l’avenir, Éditions Jacques Brémond
partage de Dominique A, heureux facteur poétique
Fuir
« ce n’est pas du tout renoncer aux actions,
in Lundimatin
rien de plus actif qu’une fuite. (…)
Fuir c’est produire du réel, créer de la vie,
trouver une arme. » DELEUZE
Démissionner, bifurquer, déserter… pour ne plus alimenter la machine, pour ne pas contribuer à la destruction du monde en cours. C’est le choix que certains ont fait : trahir ce à quoi leurs études les prédestinaient.
Nous sommes très patients
Nous marchons à grands pas
Dans de grands éclats de rire
nous pouvons nous mettre à danser
et à chanter les mots nouveaux.
Nous inventons des alphabets
et nous inventons des couleurs.
Nous possédons des outils secrets
et des recettes nouvelles.
Nous ne donnons pas de conseils.
Nous avançons.
Nous ne redoutons pas l’absurdité et la vanité.
Fabrice CARAVANCA, La Vie, Les Fondeurs de briques, 2016
Il n’existe aucun chemin
la quête que nous poursuivons
repose en chaque chose approchée
en chaque instant qui délivre ses clartés.
Le temps ne s’écoule pas.
Le temps brûle à nos côtés,
silencieux
et bordé de roc qu’il fissure
lentement,
dans le désert intérieur.
Aucun chemin.
Juste quelques pas
à la lisière de l’aube.
Hélène Dorion, D’argile et de souffle,
anthologie préparée par Pierre Nepveu, Éditions Typo
livré par Dominique A, heureux facteur poétique
« Moonlies » for everyone
Ma future maison
en attente de quelques vitres…

personne ne t’avait dit
que le ciel n’existe qu’un temps
et qu’il faudrait un jour que tu prennes sa place
pour que l’air revienne habiter nos poumons
personne ne t’avait dit
que l’eau se boit à même le sang
qu’il existe un chemin entre nos deux yeux
qu’il est douloureux de
t’extraire du feu et de la roche quand tu es née volcan
et que deux océans trouvent refuge en toi
personne
ne t’avait dit que l’éphémère
est un privilège que tout le monde n’a pas
que tu serais la seule qui recommencerait
la
seule
à savoir de quelle aube sont faits les crépuscules
Andréa Thominot
inédit in Là où dansent les éphémères 108 poètes d’aujourd’hui
Éditions Le Castor Astral
Grand merci cher Dominique A. « néo retraité heureux et facteur poétique actif »
