Auteur : Lucie Combret
Sous-France
Je crève d’impuissance.
Ne plus me taire, dire ? mais quoi ? à qui ?
Aujourd’hui encore, je lis un tweet : « Paris-rafles : énième descente de matraques ce matin à Stalingrad, chasse aux migrants, destruction de leurs affaires, centre de rétention. »
Une fièvre intense, brûlante, me traverse, puis s’arrête dans mon ventre et me coupe en deux, je suffoque, j’étouffe… les larmes, les cris… presque.
Je suis loin, je suis inutile.
Où sont passées liberté, égalité, fraternité.
Coexister, coexister, coexister… je deviens folle de tant d’injustices, d’être humaine. … L.C.
Partout, lire
… LC
J’aime, encore
Se mettre en chemin sur ses deux pieds et jusqu’au soir.
Le presser, le reconnaître.
Le bien traiter ce chemin qui, en dépit de ses relais haineux,
Nous montre les fétus des souhaits exaucés
Et la terre croisées des oiseaux.
René Char
Ombre et lumière #3
… LC
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Commune présence
Tu es pressé d’écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S’il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t’unir,
Celle qui t’est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d’elle, tout n’est qu’agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t’inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.
Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.
René Char
C’est par où ?

C’est par l’art !
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Ombre et lumière #2

… L.C.
… LC