Je marche

Quand je marche, je marche
Quand je dors, je dors
Quand je chante, je chante
Je m’abandonne

Quand je marche, je marche droit
Quand je chante, je chante nue
Et quand j’aime, je n’aime que toi
Quand j’y pense, je ne dors plus

Je suis ici
Je suis dedans
Je suis debout
Je ne me moquerai plus de tout

« Entends tu, m’as-tu dit,
Le chant du monde », alors depuis
Quand l’aube se lève, je la suis
Et quand la nuit tombe
Je tombe aussi

Je suis ici
Je suis dedans
Je suis debout
Je ne me moquerai plus de tout

Quand j’ai faim, tout me nourrit
Le cri des chiens, et puis la pluie
Quand tu pars, je reste ici
Je m’abandonne
Et je t’oublie.

Frénésies…

C’est plus agréable si vous prenez soin de vous.
Pour vos collègues.
Pour vos clients, qui le ressentent.
Une femme avec des ongles vernis, ça s’entend au téléphone.
Vous ne devez jamais perdre de vue votre diffusion symbolique.
Songez aux marqueurs métadiscursifs.

Vous devez développer une apparence socialement estimable.
Qu’importe les sinuosités de votre parcours.
Mettez du vernis.
Organisez votre corps pour être opérationnelle.

C’est un théâtre miteux.
C’est une opportunité exceptionnelle.
C’est une futilité si totale qu’on dirait presque de la profondeur.
Vous devez sourire parce que ça s’entend au téléphone.

Mettez du vernis sur vos cris.

Stéphanie VovorFrénésies, Editions du Castor Astral
Partage de Dominique A, heureux facteur poétique